D'âme nature
Je t'ai deviné un matin d'été. J'avais cinq ans. La violence des adultes me fit fuir dans ta forêt. J'ai couru sans but précis. À bout de souffle, je me suis allongé dans une mer de fougère. Mon esprit naviguait dans l'exaltation. Bercé par tes bruits, un sommeil léger est venu m’enrober dans tes odeurs. J’inventais tes rêves pour les faire miens. Mon prénom résonna dans ton lointain, un bien-être d'insouciance m'incita au silence. Étendue dans ta bruyère, un sentiment de symbiose se diffusait dans mon corps. Alors, je m'enfermais dans des mutismes qui transpiraient la souffrance. Je grimpais aux cimes de tes arbres, je courrais dans tes herbes folles, je me jetais dans tes rivières. L’espace d’une enfance perdue, tu étais ma mère, tu escortais ma raison d’exister. Oh, dame refuge de ma mélancolie, je te vénère au plus profond de mon être.